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L’analytique d’affaires et l’approche humaine

Échange avec des experts

L’analytique d’affaires et l’approche humaine

Stéphane Brutus, spécialiste en ressources humaines à l’Université Concordia, et Jean-Paul Isson, vice-président principal, Analytique d’affaires chez Monster Worldwide Inc., abordent les thèmes de l’analytique d’affaires et de l’approche humaine.

Q : Quelle est l’importance du travail d’équipe au sein d’une entreprise?
 
Brutus : C’est un élément très important recherché par les entreprises. Les recruteurs misent de plus en plus sur ce type de compétences générales et de moins en moins sur les compétences techniques.
 
Les compétences techniques sont variables. Mais la capacité de collaborer, d’avoir un esprit créatif, d’écouter, d’avoir de la prestance, toutes ces qualités ont une longue durée de vie. Les recherches nous révèlent que la plupart des employeurs misent sur d’excellentes compétences générales. Pour ce qui est des compétences techniques, ils se chargeront de former leurs employés.
 
Q : Acquiert-on des compétences générales ou sont-elles innées?
 
Brutus : Beaucoup sont le fruit de l’apprentissage. Mes recherches sur l’évaluation par les pairs abordent ce sujet. Comme enseignants universitaires, nous avons une excellente occasion d’aider les étudiants à développer ces compétences générales. Je ne ferais pas ces recherches si je ne croyais pas qu’on peut acquérir des compétences générales par la formation. Le milieu universitaire convient parfaitement à cette formation.
 
Q : Comment vous assurez-vous que l’évaluation par les pairs sert bien les gens, plutôt que de leur nuire?
 
Brutus : Toute la rétroaction est passée en revue par le professeur. L’important avec la rétroaction est d’établir la crédibilité de la source. Sur les sites d’évaluation des professeurs et autres sites du genre, n’importe qui peut écrire n’importe quoi et ces outils d’évaluation ne me semblent pas très efficaces. La génération des jeunes doit composer avec un inconvénient : la technologie a créé diverses boucles de rétroaction de qualité variable, comme Facebook (combien d’amis vous avez, combien de gens « aiment » ce que vous affichez, etc.).
 
Q : En quoi vos recherches sur l’évaluation par les pairs et le travail d’équipe servent-elles les intérêts des entreprises commerciales?
 
Brutus : Nous expliquons aux entreprises que nous façonnons cette compétence chez nos étudiants pendant quatre ans. Il est à souhaiter que de futures recherches prouveront qu’il se produit un transfert de ces compétences dans le monde des affaires.
 
Stéphane Brutus est titulaire d’un doctorat en psychologie industrielle et organisationnelle et se spécialise dans les processus de rétroaction en entreprises.
 


 Q : En entreprises, quelle est l’importance du travail d’équipe au sein d’une entreprise?
 
Isson : Pour moi, le travail d’équipe est essentiel au succès. Je gère une équipe mondiale ici au Canada, aux États-Unis et en Europe. Le travail est interrelié. Nous tenons à nous assurer que les principaux défis et objectifs commerciaux sont bien compris à l’échelle de toute l’entreprise. Vous voulez des employés ayant l’esprit d’équipe? Ils doivent tous être sur la même longueur d’ondes quant aux objectifs de l’entreprise. Nous devons nous assurer comme équipe que nous tirons parti de la collaboration de chacun et que le chevauchement des efforts est éliminé.
 
Q : En quoi l’analytique d’affaires est-elle utile aux employés?
 
Isson : Une entreprise affiche un poste d’analyste du marché sur le site de Monster. Notre tâche consiste à étudier les résultats de cette offre d’emploi par rapport à des postes du même genre affichés par des entreprises similaires. Le rendement d’une offre d’emploi s’appuie sur trois facteurs : le nombre de personnes qui consultent l’offre d’emploi; le nombre de postulants; le nombre de personnes qui posent leurs candidatures divisé par le nombre total de personnes qui ont consulté l’offre d’emploi, c’est-à-dire le taux de conversion. C’est impératif pour les employeurs. Leur but ultime est de recruter les candidats les plus talentueux.
 
Q : Quel est le rôle de la technologie pour les ressources humaines?
 
Isson : Le volume de donnée est énorme. Monster a une banque de quelque 150 millions de CV. Admettons qu’une entreprise soit à la recherche d’un analyste en commercialisation dans la région de Toronto. Nous pouvons scruter notre banque de CV, extraire ceux qui répondent aux critères exigés et les classer selon les critères de l’entreprise cliente : « Nous avons besoin d’une personne qui a fréquenté l’université York, a travaillé au moins trois ans chez KPMG et vit dans la région du Grand Toronto. » Tout repose sur l’analyse de données non structurées. Les entreprises tournées vers l’avenir investissent dans ce genre de données : Monster, Microsoft, HP, Apple.
 
Jean Paul Isson, vice-président mondial, Intelligence d’affaires globales et analyse prédictive, Monster Worldwide, est l’auteur d’un nouveau livre, Win With Advanced Business Analytics: Creating Business Value From Your Data, publié par John Wiley and Sons.
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