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La responsabilité sociale d’entreprise

La responsabilité sociale d’entreprise

Par Mark Swartz
Spécialiste du marché du travail canadien

Un débat fait rage actuellement et consiste à établir si la conscience sociale d’entreprise (à savoir la prise de mesures socialement responsables ou écologiques) contribue au degré de loyauté et de productivité des employés.

C’est habituellement un débat qui oppose les rigoristes purs et durs aux défenseurs du profit à tout prix. Mais une nouvelle étude canadienne à grande échelle indique que la responsabilité sociale d’entreprise peut améliorer votre résultat net, notamment en donnant à vos employés les plus motivés une raison de rester dans votre entreprise et de travailler encore plus fort pour vous.

Principales conclusions de l’étude sur la mobilisation des employés

Les résultats de l’étude annuelle sur les 50 employeurs de choix au Canada, réalisée par Hewitt et Associés Canada (une division de la société mondiale de consultation et d’impartition en RH), sont publiés de concert avec le Report on Business du Globe and Mail.

Pour la première fois en 2009, l’étude, qui en est à sa dixième année d’existence, aborde la question de la responsabilité sociale d’entreprise (RSE). La RSE a été évaluée comme facteur de mobilisation des employés. Selon Hewitt, plus le degré de mobilisation est élevé, plus vos employés :

• feront des commentaires positifs sur votre entreprise;
• voudront rester au sein de votre entreprise;
• s’efforceront de surpasser les attentes qu’on a d’eux dans le cadre de leurs responsabilités quotidiennes.

Faisant office de partenaire de recherche relativement à la section de l’étude portant sur la responsabilité sociale d’entreprise, Canadian Business for Social Responsibility est un organisme sans but lucratif dirigé par ses membres, qui mobilise les sociétés canadiennes afin qu’elles prennent des décisions d’affaires judicieuses qui améliorent leur rendement et contribuent à un monde meilleur.

Les principales conclusions de l’étude? Comme me l’a expliqué Neil Crawford, chef de l’étude chez Hewitt, les employés en général accordent de l’importance aux efforts RSE de leur employeur, dans la mesure où, si l’employeur réduisait ses mesures environnementales ou socialement responsables, cela pourrait influer négativement sur le degré de motivation des employés et éventuellement sur le taux de conservation des effectifs.

Leçons tirées de situations réelles

Êtes-vous un amateur de plein air? Alors, vous avez sans doute déjà magasiné chez Mountain Equipment Co-op (MEC), « le plus important fournisseur de matériel de plein air, de vêtements et d’équipement de camping de qualité au Canada ».

Peu importe que vous ayez grimpé le Mont Everest ou que vous vous soyez tordu le poignet en soulevant la télécommande, permettez-moi de vous présenter David Labistour, chef de la direction de MEC, un dirigeant très consciencieux qui chapeaute plus de 1 400 employés.

David nous parlera plus tard de la RSE comme facteur de mobilisation des employés, mais voyons d’abord quelques-unes des réalisations de MEC visant à améliorer le monde tout en accroissant ses profits :

• Approvisionnement éthique : nous nous évertuons à améliorer les conditions des travailleurs dans les usines.
• Durabilité des produits : nous cherchons à réduire nos répercussions sur l’écologie de la planète.
• 1 % pour la planète : nous donnons 1 % de notre chiffre d’affaires afin d’appuyer les causes environnementales canadiennes.
• Diversité : nous avons créé une politique sur la diversité afin de définir officiellement notre engagement continu vis-à-vis d’un milieu de travail ouvert à tout le monde et fondé sur un traitement juste et équitable.

Voici les grandes lignes d’un entretien que m’a accordé David au siège social de MEC, à Vancouver (Colombie-Britannique) :

Swartz : En quoi les efforts de MEC en matière de responsabilité sociale d’entreprise contribuent-ils à attirer les bons employés et à les conserver?

Labistour : Il importe de comprendre que notre image de marque et nos produits attirent ceux qui vouent un grand intérêt pour le plein air. Par conséquent, les personnes qui postulent un emploi chez MEC apprécient souvent la nature. À partir de ce fondement, plusieurs de nos efforts externes en matière en responsabilité sociale d’entreprise mettent l’accent sur la préservation et l’amélioration de l’environnement. En répondant de cette manière aux besoins de nos postulants et de nos employés, nous devenons un employeur de choix et ils sont fiers d’être associés à notre entreprise.

Swartz : Ces mesures externes de responsabilité sociale d’entreprise constituent-elles votre principale orientation?

Labistour : En fait, nous cherchons avant tout à intégrer notre responsabilité sociale et environnementale à nos fonctions d’exécution et à nos processus internes. Par exemple, l’approvisionnement éthique est omniprésent au sein de nos équipes de la production et des achats. De plus, nous tâchons de satisfaire le mode de vie sain de nos employés en leur permettant d’emprunter gratuitement de l’équipement dans chacun de nos magasins, nous les emmenons faire des excursions vivifiantes, nous leur accordons une certaine souplesse dans les horaires de travail afin qu’ils puissent s’adonner à leurs activités de plein air et, finalement, un pourcentage étonnamment élevé de nos employés viennent au travail en vélo.

Swartz : Comme chef de la direction, comment donnez-vous le ton à l’interne sur le plan de la responsabilité sociale?

Labistour : Nous encourageons l’honnêteté et la transparence dans notre façon de traiter avec les clients, les fournisseurs et les employés. C’est à moi qu’il incombe de montrer que je suis humain, au même titre que tout autre membre du personnel. Admettre ses erreurs est une excellente façon de pratiquer la transparence, comme lorsque nous avons dû annuler notre programme de recyclage du polyester auprès des clients en raison de problèmes d’étiquetage sur les vêtements usagés. Notre démarche partait d’une excellente intention, mais lorsque le programme s’est avéré impraticable, nous avons fait marche arrière sur-le-champ et avons annoncé les changements.

Swartz : Quels sont les conseils que vous prodigueriez aux autres employeurs concernant la responsabilité sociale d’entreprise et la mobilisation du personnel?

Labistour : Ils doivent être authentiques avant toute chose. On ne pratique pas la responsabilité sociale d’entreprise dans le simple but de bien paraître. D’entrée de jeu, tout commence à l’interne. Il faut d’abord établir quelles sont les principales répercussions de votre entreprise, positives et négatives, puis affecter les ressources nécessaires à des programmes mesurables précis qui maximisent vos forces existantes. Tenez vos employés au courant et recrutez-les pour qu’ils participent pleinement. Ils deviendront alors vos plus fidèles alliés et, en bout de ligne, tout le monde y gagnera.