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Choisir le meilleur titre de poste

Choisir le meilleur titre de poste

Par Mark Swartz
Spécialiste du marché du travail canadien

« Gourou du cellulaire » demandé. Recherche un « évangéliste développeur » de talent. Recrutons dès maintenant un « ambassadeur des marques ».
 

Gourou, évangéliste, ambassadeur? Rien à voir avec les titres de postes de la génération précédente. Et pourtant, on les retrouve dans les offres d’emploi récentes affichées sur Monster.ca.
 
Le lexique du travail est-il en pleine mutation? Faut-il se mettre à rebaptiser chaque titre de poste de manière à attirer les bons candidats?
L’évolution des titres de postes
 
Il n’y a pas si longtemps, il était très facile de baptiser un poste. Les personnes que vous embauchiez pour traiter avec les clients s’appelaient des représentants du service à la clientèle. La dame qui administrait le Service des finances était la directrice des finances.
L’appellation descriptive constitue toujours la norme avec la plupart des titres. C’est une convention simple qui précise clairement la nature et le niveau hiérarchique d’un poste donné. D’où sa popularité durable, même si elle manque parfois de lustre.
Et voici les membres de la génération Y et leurs gadgets à la mode qui envahissent le marché du travail. Ils n’ont que la petite vingtaine et affublent leur énergie et leur sens de la créativité sur leurs manches ou dans leurs perçages. Pour attirer leur attention, certains employeurs se sont mis à tripatouiller les titres de postes afin que le travail à faire semble plus agréable et à la page. C’est particulièrement le cas des industries de haute technologie comme les TI, où pullulent les titres tels que « gourou de la conception de logiciels » et « ninja de la gestion de projets ».
Nouveau jargon, même vieux poste?
Prenez l’exemple du spécialiste des médias sociaux. Ce poste n’existait même pas avant 2006, lorsque Facebook ne servait à quelques jeunes de Harvard qu’à faire le suivi de leurs conquêtes et que Twitter n’en était qu’à ses premiers balbutiements.
En 2009, la demande a déferlé sur ce secteur. Chaque employeur qui avait les moyens d’embaucher un spécialiste des médiaux sociaux à l’interne s’est manifesté pour en recruter un. Et ce fut le début de la course aux talents. Finalement, les plus compétents en la matière étaient les jeunes adultes mêmes qui avaient été parmi les premiers à adopter les sites sociaux : la génération de MySpace maintenant au milieu de la vingtaine.
 
Un employeur brillant a cerné cette brochette de jeunes talents et a compris que de rebaptiser le poste avec originalité aurait un pouvoir d’attraction auprès des chercheurs d’emploi de la génération Y. D’où l’appellation « gourou des médias sociaux ». Même poste que l’année d’avant, mais avec une connotation plus « cool »! Un genre de titres de postes 2.0!
On se calme!
Modifier les titres de postes pour les rendre plus attrayants n’a rien de nouveau. Prenez le redoutable représentant du service à la clientèle! Au début, on l’appelait tout simplement « agent du centre de contacts clients ». Assez terne, non?
 
C’est sans surprise qu’on voit aujourd’hui le poste annoncé sous l’appellation de « facilitateur du service à la clientèle », ou encore de « spécialiste de l’assistance à la clientèle », ou même, pour sombrer dans l’exagération, de « spécialiste de la gestion des interactions avec la clientèle ».
 
Cette escalade des titres est-elle une amélioration? Peut-être bien. Elle attire de meilleurs candidats et stimule l’estime de soi des employés sans avoir à leur accorder une augmentation coûteuse. Mais attention : plus le titre est fantaisiste ou extravagant, plus les responsabilités attendues peuvent être élevées ou plus le rôle peut devenir nébuleux.
Par exemple, avez-vous seulement idée de ce qu’est un artiste des tonsures? Rien de moins qu’un coiffeur. Ou encore une directrice des premières impressions? Tout simplement, la réceptionniste. Et un analyste de la recherche des occasions d’emploi? Un chercheur d’emploi!
Suivre la tendance
Si vous jugez nécessaire de rebaptiser le titre d’un emploi que vous annoncez, assurez-vous de ne pas trop vous éloigner de la norme. Après tout, il ne faut pas perdre vos prospects en semant la confusion dans leur esprit.
Suivez plutôt les normes d’appellation déjà établies par vos concurrents. Des termes comme « ambassadeur » et « évangéliste » sont maintenant plus répandus. Quant à « ninja », pas sûr!
Jetez donc un coup d’œil aux postes comparables affichés sur Monster.ca. Voyez les noms qu’on leur donne et tâchez d’être constant.
 
C’est le nom qui compte
 
Le titre du poste n’est qu’un des nombreux éléments d’une offre d’emploi bien ficelée. La description du poste et l’historique de votre entreprise viennent compléter le tout. Chaque élément doit avoir son propre pouvoir d’attraction.
Et tous se doivent d’être complémentaires. Ils pourraient refléter la culture et le style de votre entreprise. Votre présence sur l’Internet et le ton utilisé pour décrire votre entreprise et vos services doivent aussi faire partie du tableau.
Un titre de poste doit être créé sans perdre son utilité de vue. Étant donné que les chercheurs d’emploi ont tendance à chercher certains mots clés et titres de postes établis dans le cadre de leurs recherches, il importe de ne pas trop s’éloigner des sentiers battus. Bien sûr, au besoin, il peut valoir la peine de mettre un peu d’originalité. Mais pas au point de ne plus savoir à quoi on a affaire!