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Lorsqu’un candidat ment dans son curriculum vitae

Lorsqu’un candidat ment dans son curriculum vitae

Par Mark Swartz
Spécialiste du marché du travail canadien

CV truqué : [cévé-tru-qué]
–nom commun :
Duperie, tricherie, mensonge ou autre entorse à la vérité sur le curriculum vitae d’un candidat, perpétré en vue d’en tirer un bénéfice personnel ou un avantage indu.

Pas vraiment besoin d’un dictionnaire pour savoir ce qu’est un CV truqué, n’est-ce pas? D’autant plus que des études montrent que près de 50 pour cent des candidats embellissent leur présentation ou même mentent sans détour dans leurs demandes d’emploi.
 
Le prix à payer pour s’être laissé flouer peut être élevé. Vous pourriez embaucher par erreur une personne incapable d’effectuer le travail voulu. Ou encore, la malhonnêteté de cette personne pourrait se répercuter sur ses habitudes de travail et de ce fait, entraîner des perturbations dans votre équipe et miner le climat de travail.

Le remplacement d’un employé que vous n’auriez jamais dû embaucher peut coûter cher – financièrement et d’un point de vue organisationnel. C’est pourquoi vous avez tout à gagner à suivre quelques règles qui vous aideront à prévenir les fraudes.

Des mensonges courants

La falsification des curriculum vitae va de petits mensonges sans grande conséquence, comme le fait d’embellir les responsabilités associées à un poste, aux fraudes pures et simples comme l’invention d’employeurs et de références fictifs. Voici quelques exemples courants :
  • Réorganisation des dates de manière à masquer les trous dans le CV
  • Falsification de la scolarité et d’autres attestations de compétence
  • Exagération des titres de postes ou du salaire
  • Invention de réalisations que le candidat n’a jamais faites
  • Prise sur soi de tout le crédit pour les succès d’un travail d’équipe

Comment éviter de baisser la garde et d’avaler des couleuvres

En période de conjoncture économique difficile, les candidats peuvent subir une pression telle qu’ils seront plus enclins à essayer d’embellir la vérité. Voici quelques étapes qui contribueront à réduire le risque de vous laisser duper.

Tôt dans le processus d’embauche

Vous pouvez dès le départ placer quelques drapeaux rouges à la lecture du CV, et vous assurer de questionner le candidat au sujet de ces points douteux à l’occasion d’un appel téléphonique de présélection ou pendant la première entrevue.

En ce qui a trait aux connaissances et aux compétences particulières que le candidat affirme posséder, vous pouvez lui faire passer des tests ou lui poser des questions pointues pour vérifier s’il s’y connaît vraiment.

Si vous avez des doutes sur la véracité des diplômes ou d’autres attestations, demandez au candidat d’en fournir une preuve officielle (par exemple, une copie ou une confirmation d’obtention de diplôme expédiée directement à votre attention, dans une enveloppe scellée, par l’institution même).

Vous pouvez aussi utiliser des tests psychologiques afin de repérer d’éventuels comportements inappropriés qui pourraient faire en sorte que le candidat ne soit pas en mesure d’assumer ses responsabilités en conformité avec les règles d’éthique et la loi.

Avant l’embauche officielle du candidat

Faites une vérification en règle des antécédents, y compris toutes les références et les emplois précédents du candidat. Ajoutez à cela une recherche de dossier criminel ou une vérification du dossier de conducteur si vous le jugez nécessaire. Vous pouvez faire effectuer toutes ces recherches par du personnel interne, ou encore, retenir les services d’une agence spécialisée.

Inscrivez clairement dans votre offre d’emploi que la falsification du curriculum vitae constitue une fraude pouvant justifier le congédiement. Cela rappelle au candidat les conséquences auxquelles il s’expose s’il choisit de ne pas admettre qu’il a menti avant d’accepter votre offre d’emploi.

Après l’embauche du candidat : congédiement pour CV falsifié

Dans la plupart des provinces canadiennes, les employés qui mentent délibérément dans leurs demandes d’emploi peuvent être congédiés, selon la gravité de la tricherie. Voici trois points que la cour prendra en considération :

1. Le mensonge doit être lié aux connaissances et aux qualifications que recherchait l’employeur pour le poste à combler.

2. Le contenu des énoncés mensongers est assez important pour que l’on considère qu’il s’agit d’une représentation malhonnête.

3. L’employeur doit s’être fié de manière raisonnable aux énoncés et aux mensonges du candidat. Autrement dit, si un mensonge semblait totalement farfelu à la plupart des gens, mais que l’employeur a choisi de s’y fier et d’ignorer ce qui sautait aux yeux, il sera vraisemblablement incapable de congédier l’employé par la suite en prétextant s’être fait duper.

Et si on choisit de laisser passer un mensonge, pour cette fois?

Il peut parfois être tentant d’assouplir les règles ou de laisser passer quelques CV sans faire de vérifications poussées. Cela pose-t-il un problème véritable?
Pas nécessairement. Mais seulement si le poste à combler est sans grande importance, si vous connaissez déjà le candidat, ou s’il vous a été chaudement recommandé par une source fiable.

Autrement, vous risquez d’abaisser la barre du comportement éthique acceptable qui prévaut pour tous vos employés. Vous établissez aussi un précédent pour vos recruteurs : pourquoi devraient-ils se donner la peine de scruter à la loupe les CV des autres candidats, à l’avenir?
 
Et finalement, votre personnel en place pourrait mal réagir s’ils réalisent que vous laissez le nouvel employé s’en tirer en étant malhonnête, ou que vous avez refusé le poste à un autre candidat qui, lui, était parfaitement qualifié.

Inutile de retarder l’embauche?

La vérification des antécédents, des références et des compétences peut normalement se faire en deux à cinq jours ouvrables. Mais il y a parfois des délais auxquels on ne peut rien : des anciens employeurs qui ne retournent pas les appels, des écoles fermées pendant les vacances, ou un commis de la cour qui doit demander un dossier au service des archives.

Les solutions rapides – omettre certaines vérifications ou laisser passer des tricheries sans s’en formaliser – peuvent être bien plus coûteuses. Il est plus difficile de congédier un employé qui a falsifié son CV que de prendre le temps d’évaluer sa candidature en profondeur.